Forum pour l’Emploi des Français au Japon ou l’histoire d’un projet d’utilité publique bloqué

En mai 2014, à l’issue des premières élections consulaires pour représenter les Français du Japon trois conseillers consulaires étaient élus : Mme Evelyne INUZUKA, MM. Thierry CONSIGNY (élus : liste Unis pour le Japon) et Matthieu SEGUELA (élu : liste Solidaires au Japon).
Dès le 25 juin 2014, le premier Conseil consulaire était réuni et le sujet de l’emploi était abordé.
Le sujet reviendra jusqu’en 2017 puis disparaîtra.
Les procès-verbaux officiels de l’Ambassade de France, consultables en ligne, attestent de l’histoire d’un blocage.

Lors du Conseil consulaire du 25 juin 2014 présidé par M. MASSET, ambassadeur, avec comme membres présents : M. POTHIER, consul, M. CONSIGNY et M. SEGUELA conseillers consulaires, ce dernier pose immédiatement le sujet du Comité consulaire pour l’emploi et la formation professionnelle.

« Enfin, M. SÉGUÉLA aborde des points relatifs au problème de la garde des enfants de couples mixtes séparés, au développement de l’École française du Kansai et au Comité consulaire pour l’emploi et la formation professionnelle. »

Lors du Conseil consulaire du 11 décembre 2014 présidé par M. POTHIER, consul, représentant M. DANA, ambassadeur, avec comme membres élus présents : M. CONSIGNY, Mme INUZUKA et M. SEGUELA, ce dernier propose et obtient qu’un groupe de travail sur l’emploi des Français au Japon soit réuni avec les associations qui le souhaitent avec une première réunion prévue en février.

«  En conséquence, [M. SEGUELA] propose qu’une concertation soit engagée au sein de la communauté et qu’un groupe de travail sur l’emploi des Français au Japon soit créé, procède à des réunions et élabore des propositions. […] Un consensus se crée autour de l’idée d’élargir la question de l’emploi et de la formation à d’autres acteurs, notamment les associations françaises au Japon, au sein dudit groupe de travail. […] Les conseillers consulaires se mettent d’accord pour organiser un groupe de travail, avec les associations qui le souhaitent avec une première réunion prévue en février, afin de préparer le dernier CCPEFP (décembre 2015), dans sa forme actuelle. »

Malheureusement, rien n’a suivi.
Et lors du Conseil consulaire du 10 décembre 2015 présidé par M. FAICHE, consul, représentant M. DANA, ambassadeur, avec comme membres élus participants : M. CONSIGNY, Mme MAGNE (élue Solidaires au Japon qui a succédé à M. SÉGUÉLA en respect de la promesse de rotation), cette dernière se doit de rappeler que les conclusions de la précédente réunion n’ont toujours pas été communiquées par M. CONSIGNY et demande à ce que ce groupe de travail soit relancé.

« Mme MAGNE, conseillère consulaire, rappelle que les conseillers consulaires avaient, lors du dernier CCPEFP de décembre 2014, proposé la création d’un groupe de travail sur les questions d’emploi, en y associant les associations françaises au Japon. Une première réunion ayant eu lieu le 4 juin 2015, Mme MAGNE demande que les conclusions de cette réunion soient au plus vite communiquées par M. CONSIGNY et demande à ce que ce groupe de travail soit relancé.

M. CONSIGNY (1) confirme qu’un compte rendu sera prochainement transmis aux conseillers consulaires et approuve la relance du groupe de travail élargi aux associations, qui devra travailler en bonne intelligence avec la CCIFJ. Sur le fond, le projet de groupe de travail rencontre l’approbation des associations présentes. »

(1) Le 4 juin 2015, lors de la réunion des conseillers consulaires (Mme INUZUKA, M. CONSIGNY, M. SEGUELA) avec des représentants de la CCIFJ pour jeter les bases d’un forum d’aide aux Français pour l’emploi, M. CONSIGNY tenait le secrétariat de la réunion et s’était engagé à produire un projet de compte-rendu commun. Le projet n’a jamais été produit et partagé malgré les engagements réitérés).

Six mois plus tard, le blocage du projet par M. CONSIGNY et Mme INUZUKA est dénoncé par Jancik MAGNE lors du Conseil consulaire du 9 juin 2016 présidé par M. DANA, ambassadeur, avec comme membres élus participants : M. CONSIGNY, Mme INUZUKA et Mme MAGNE.

« Mme Janick MAGNE, conseillère consulaire, précise que dès le conseil de novembre 2014, son prédécesseur Matthieu SEGUELA et les deux autres conseillers consulaires, T. CONSIGNY et E. INUZUKA avaient d’un commun accord décidé d’explorer ensemble, et en lien avec la communauté associative, les pistes qui permettraient de prendre le relai de cette action publique. Il était convenu de demander à la CCIFJ de faire part de son expérience en la matière, de manière à identifier des pistes d’améliorations ou d’actions possibles. Elle exprime son regret que cette initiative n’ait pas reçu de suites concrètes et que ses homologues ne s’en soient pas emparés ; elle rappelle être toujours en attente des conclusions de M. CONSIGNY d’une première réunion tenue en juin 2015.

Mme Evelyne INUZUKA, conseillère consulaire, répond qu’aucune contribution ne pouvait être exigée de la CCIFJ, celle-ci étant de statut privé, et ce d’autant plus que la subvention publique a été supprimée. M. Thierry CONSIGNY, conseiller consulaire, précise que depuis la fin de cette subvention, la CCIFJ a continué à assurer ce service de conseil à l’insertion professionnelle, conformément aux engagements pris lors des conseils consulaires de novembre 2014 et décembre 2015. Il rappelle la proposition qu’il avait émise, que l’OLES-Japon se saisisse à son tour de cette thématique, dans le cadre de son action de solidarité et d’entraide ; proposition (1) à laquelle s’était opposé le prédécesseur de Mme MAGNE. Mme INUZUKA propose également que l’OLES-Japon s’empare de ce thème.

L’Ambassadeur intervient pour rappeler la vocation première de l’OLES-Japon qui doit être préservée, et qui est celle de l’entraide de la solidarité en soutien de nos ressortissants, en proie à des situations de détresse sociale ou financière. Le fait d’ajouter un nouveau volet d’activité pourrait engendrer des dépenses supplémentaires non prévues initialement et auxquelles n’étaient notamment pas destinées les réserves parlementaires reçues par l’association. En outre, revenant sur la proposition de Mme Magne, l’Ambassadeur demande pour la bonne tenue du débat à ce que soit exposée une proposition concrète, et suggère qu’à cet effet les besoins soient également clairement identifiés.

Mme MAGNE reconnaît que la CCIFJ a continué à exercer son activité de conseil, mais demande à ses deux homologues conseillers consulaires de participer à ce travail de réflexion qu’elle estime nécessaire, pour définir les actions envisageables pour l’emploi des Français au Japon. Sur ce sujet en particulier, les compétences doivent être mises en réseau, et le conseil consulaire a notamment pour fonction un travail d’information important ; lequel pourrait d’ailleurs s’étendre à d’autres thèmes tels que la coopération décentralisée, qui peut revêtir un intérêt certain pour les Français du Japon. Mme MAGNE souhaite par conséquent que le groupe de travail proposé par les conseillers consulaires soit à nouveau réuni, et que ses deux homologues se joignent activement à sa proposition. »

1) La contre-proposition de M. CONSIGNY de charger l’OLES – Japon (Organisme local d’Entraide et de Solidarité) d’une mission pour l’emploi a été refusée à l’époque et jusqu’à aujourd’hui par l’OLES – Japon qui a toujours indiqué que ce n’était pas sa vocation. Ce que l’Ambassadeur a très bien résumé lors du Conseil.

Malheureusement rien ne sera fait et il faut attendre l’automne 2017 pour que le sujet soit relancé par Alexandre JOLY, qui a succédé à Janick MAGNE, lors du Conseil consulaire du 28 septembre 2017 présidé par M. PIC, ambassadeur, avec comme membres élus participants : M. CONSIGNY, Mme INUZUKA et M. JOLY.
Ce dernier obtient alors que le prochain Conseil consulaire soit centré sur le thème de l’Emploi et de la formation professionnelle.

« Enfin, l’Ambassadeur accueille favorablement la demande exprimée par A. JOLY, rejoint par T. CONSIGNY et E. INUZUKA, d’inscrire à l’ordre du jour d’un prochain conseil consulaire un point d’actualité relatif à l’emploi et à la formation professionnelle des Français au Japon. Des personnalités ou associations qualifiées pourraient apporter leur témoignage, telles que la Chambre de Commerce ou encore l’association Femmes Actives Japon. »

Faite en 2017, la proposition de M. Alexandre JOLY ne sera pas mise en œuvre par les autres conseillers consulaires. Il faut attendre le 22 avril 2021 – soit près de 4 ans plus tard – pour que le sujet de l’emploi soit officiellement évoqué à l’initiative de la CCIFJ à l’occasion d’une demande de subvention.

Sans que le projet originel d’un «  Forum pour l’emploi des Français au Japon » ne soit réalisé suite aux blocages ou à l’attentisme des conseillers actuels : Mme Evelyne INUZUKA, MM. Thierry CONSIGNY et François ROUSSEL

Emploi des Français au Japon : rappels

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